samedi 17 décembre 2016

Regarde bien, petit...




Je ne suis pas un photographe. Avec un grand « Ph ». C’est un métier, c’est un art, c’est une science, c’est un savoir-faire. J’ai fait le bras de fer avec mon appareil et c’est lui qui a gagné. Ses secrets restent siens, je ne fais pas le mariolle par des intrusions et manœuvres maladroites, je ne lui demande que le minimum syndical et je le remercie toujours des poignées de pixels dont il me gratifie à chaque sollicitation de son déclencheur. Après, le résultat me va, c’est bien, ne me va pas, j’efface en silence ou je passe discrètement le cliché au banc du bidouilleur informatique. Et nous restons bons amis. Nous savons, lui et moi, que je suis un Regardeur du Monde, un Diseur du Monde, un Poète, un Porteur des mots de ceux dont la voix ne s’écoute pas. Ou de ce qui n’a pas de mots et dont le seul cri est de silence définitif et de disparition à tout jamais.

Le langage de l’humain n’est pas que de mots, il est aussi de regard partagé, d’émotions, de révoltes, de coups de cœur, de vibrations exposés dans le silence et la méditation. On peut fondre de tendresse à la vue d’une pierre, d’une trace, d’une présence animale, d’un végétal rayonnant de vie, d’un enfant qui rit, d’une femme enceinte, on peut crever de désespoir à la vision d’un champ de ruines fumantes, sanglantes, d’une forêt abattue par la folie des hommes, d’un coin de jardin fleuri ravagé par des fêtards décérébrés.

Le regard initie souvent le noble sentiment de la nostalgie. Ces maisons abandonnées aux ronces, ces anciens ateliers ou entrepôts qui ne présentent plus au passant que des squelettes de poutrelles rouillées, ces grues et tractopelles dont le geste suspendu aux heures calmes du dimanche menace de toute sa puissance d’acier mordant la chair éventrée de l’immeuble ancien aux entrailles de bois fracassé, de cloisons éboulées, de souvenirs humains impudemment exposés, tous ces nids humains qui doivent faire place nette à une Cité nouvelle nous interpellent d’un gémissement inaudible, d’une douleur qui devient nôtre.

Par mes photos souvent maladroites, hélas non professionnelles, je veux être l’interprète de ces sentiments-là, comme aussi le diffuseur des lumières vives et tendres des chemins verdoyants du Beaujolais, des flaques rouge-orangé qui incendient les horizons de mon velux de citadin, des présences ressourçantes des colonies de corneilles qui peuplent mon ciel de leur incessant jaillissement.

Mes photos, ce n’est pas de l’esthétique, c’est du témoignage et du partage. Juste cela mais tout cela.

Merci de votre visite en ces pages. (Pages d'ombres et de lumières, en haut à droite.) 


Les personnes intéressées par mon œuvre littéraire (théâtre, récits, récits poétiques, poésie, illustration, réalisation de livres artisanaux) sont amicalement invitées à cliquer dans la rubrique Tiroirs, colonne de droite, le titre  Hombre de Nada. Il leur suffira ensuite de fouiller dans la rubrique Tiroirs de ce blog principal. Une très grande partie de mon travail y est accessible !
Bonnes découvertes à toustes !





Clin d’œil amical au photographe Art Will pour ses précieux conseils que j'essaie d'appliquer tant bien que mal ! 

Denis Marulaz alias Hombre de Nada





(Toutes les photos sont de moi et je remercie les personnes qui voudraient en utiliser une, exclusivement à titre privé et non commercial, de me demander l'autorisation.)